dimanche 28 octobre 2012

Exposition à la Galerie ECI, Paris



La météo à Wall Street, peinture acrylique sur toile, 4'x6', 2000

Aujourd’hui, Goya ne peindrait plus la cour d'Espagne, ni Ingres des nus, ni Cézanne la montagne Sainte-Victoire, ni Van Gogh des iris, ni Picasso des natures mortes. Ils peindraient des paysages financiers, des diagrammes qui montent au ciel et plus souvent qui descendent aux enfers : la planète est devenue financière. Je peins les jeux des spéculateurs, les murs de Wall Street et les reliefs des montagnes d'actions, d'or et d'argent qui nous entourent.
Claude Monet ne peindrait plus les nymphéas, mais les trous d’ozone au-dessus des pôles. Notre conscience de la nature est devenue écologique, globale, savante et politique. Malevitch ne peindrait plus des carrés noirs, mais des codes-barres. Mondrian ne peindrait plus des géométries orthogonales, mais les zigzags de nos évolutions statistiques et de nos crises.
Les cubistes peindraient le code binaire du numérique qui s’immisce de plus en plus dans le réel et le transforme au point où il n’en est plus clairement discernable. Tout mon travail d’artiste, commencé dans les années 1970 sous le signe de l’art sociologique, consiste depuis la fin des années 1990 à explorer, déchiffrer, mettre en évidence, interroger et critiquer cette nouvelle nature numérique, financière et écologique, tant du point de vue politique, qu’économique et social. Je peins son imaginaire et ses rythmes, ses pulsions et ses structures, ses codes, son esthétique quantitative et ses fausses couleurs.
 Le retour paradoxal à la peinture s'impose pour prendre du recul face à cette nouvelle nature algorithmique. Il permet de résister au flux dissolvant des octets par l’arrêt sur image. Ce sera une peinture joyeuse, sociologique et critique. En quelque sorte, je peins les icônes du numérique. Je suis un artiste de classe moyenne, un primitif du nouveau naturalisme.
Hervé Fischer (petit manifeste de 1999)


à la Galerie ECI
32, avenue Matignon, Paris 75008
à compter du 12 novembre 201212 novembre


vendredi 12 octobre 2012

La nouvelle nature s'affiche en fausses couleurs

Les couleurs saturées, lorsqu'elles sont signalétiques ou dans le commerce lient les hommes au social et au convivial. En dehors de ces systèmes structurés et structurants, elles séparent, elles cassent les liens. C'est ce qu'avaient compris les peintre fauvistes qui étaient d'ailleurs pour la plupart des anarchistes. La couleur pure autonomise l'objet. Elle est autonome. Ce sont les variantes de la couleur locale, les demi teintes réalistes qui lient les objets d'un paysage dans une lumière englobante. Le chromatisme fait éclater l'espace.
La couleur pure est là pour elle-même. Elle vole la vedette à l'objet ou à la personne qu'elle recouvre. Elle le vide de son contenu. Elle le rend abstrait. Elle l'identifie comme un marquage. Elle sert aussi à la gestion. Elle rejoint les modalités d'affichage du numérique.
Du fait de cette dématérialisation, de cette abstraction qu'il implique, le nouveau naturalisme a partie liée avec le chromatisme. Et avec la répétition de la même forme soumise à des déclinaisons chromatiques. Il n'y a plus d'intériorité. On demeure à la surface.
(La femme mauve, peinture numérique, 2012)

lundi 8 octobre 2012

vendredi 5 octobre 2012

mercredi 3 octobre 2012

On dit que la nature est verte


Le vert est devenu un marqueur symbolique de notre vision de la nature. Cela ne correspond pourtant pas à la réalité. Certes, les végétaux sont nombreux, mais ils sont loin d'être dominants dans la nature, principalement constituée d'eau, qui, elle, est liée à un autre marqueur: le bleu. En fait, l'eau, outre les minéraux qui la colorent, reflète principalement la lumière du ciel, qui n'est pas toujours bleu.
Nous simplifions notre gamme symbolique des couleurs par une saturation conventionnelle qui est sociale plus que physiologique ou naturelle.
Certes, l'homme est une manifestation de la nature.

lundi 1 octobre 2012